Ce fut donc la nouvelle du jour. Jeudi 24 août, sitôt l'information transmise, tous les journaux de RSR-La Première s'ouvraient sur la nomination du nouveau directeur de la Télévision suisse romande, Gilles Marchand. Et cela dès la fin de la matinée jusqu'au journal de 18 heures, y compris le Forum qui lui succédait. Invité et soumis au roulement des questions, le directeur désigné s'est cantonné à une extrême prudence programmatique, alignant quelques généralités malgré les appuis de Peter Rothenbühler et face aux coups de canif de la collaboratrice du Temps Myriam Meuwly. Prudence tactique. Pour l'auditeur, le phénomène marquant, déjà observé, demeure tout de même le fort déséquilibre symbolique entre les médias que révèle une telle attention. La radio, qui reste jusqu'à nouvel avis le support électronique le plus «consommé» en minutes quotidiennes, octroie une place assez considérable à un changement de tête à la TV. Imagine-t-on que la TSR accorde 40 minutes de débat sur la nomination d'un nouveau directeur de la RSR? Dans le champ médiatique, la TV permet ainsi d'entretenir cette illusion qu'elle est la seule, la vraie «fée du logis», en dépit de tous les sondages.