Au milieu de la dernière semaine du Tour de France, l'Union cycliste internationale (UCI) a diffusé un communiqué démentant la thèse d'un Lance Armstrong ayant volontairement recouru à un produit dopant. Le cirque chimique de la petite reine étant ce qu'il est, l'auditeur se trouve bien en peine de savoir quel produit est consommé par qui, et pourquoi, et quand, etc. En revanche, l'auditeur n'a pu être qu'étonné par la réaction à ce communiqué d'un envoyé sur le Tour de RSR La Première qui a brocardé la «mauvaise foi» des journalistes (c'est Le Monde qui a révélé l'affaire). En substance, celui-ci a fustigé l'acharnement médiatique contre les sportifs, alors que la révélation de l'UCI «prouve» l'innocence des coureurs. Visiblement ravi de relayer une position officielle, le reporter n'était pas loin de conclure que les histoires de dopage ne sont que de funestes inventions. Il paraît déjà surprenant qu'un commentaire coulé dans un tel parti pris soit diffusé par une radio publique aux meilleures heures (la matinale et 12 h 30) sans réponse des accusés, au moins sans rappeler brièvement les faits présentés par Le Monde. Mais surtout, un déballage aussi unilatéral a de quoi déconcerter l'auditeur. Il sait pourtant que la RSR compte des journalistes sportifs de talent, mais faire montre d'une telle suffisance en aboyant la Voix de son Maître manque quand même singulièrement de fair-play.