Les stations de radio ayant elles aussi passé sans peine le bug et les autres soubresauts fin de siècle, l'auditeur les retrouve identiques l'année suivante. En l'an 2000, il y a donc toujours des infos pile trop courtes sur les chaînes romandes, et toujours aussi le brouet nocturne Swisspop. Mais toujours, surtout, les incalculables petits plaisirs, les réveils dans l'actualité, les accompagnements complices du milieu de journée, les débats de fin d'après-midi, les confidences du soir. Une dramaturgie de la journée réglée avec précision, aboutissement de plusieurs décennies de tâtonnements et d'essais, enrichie de découvertes au détour d'un reportage ou d'un accueil.

Ce scénario subira sans doute de nouvelles modifications au fil des changements de grilles, mais la tendance 2000 est déjà indiquée. A mesure que le média radio se dote de technologies plus sophistiquées, il se concentre davantage sur la convivialité comme valeur prédominante. Pour l'auditeur, c'est le paradoxe 2000: avoir affaire à des stations numérisées, qui doivent adapter leur production et leur offre à Internet et au DAB tout en insistant sur ce dispositif radiophonique élémentaire, une table et des paroles. Qui se plaindrait, finalement, de cet an 2000-là?