L'auditeur, ce soir-là, s'est branché avec plaisir sur NRJ. Il a vite déchanté. Car écouter NRJ un dimanche d'été, alors que commencent les festivals avec leurs palettes de découvertes musicales, relève du courage citoyen ou économique. L'expérience commence par une succession de pubs tapageuses, au son trop compressé. On continue avec un morceau «techno» à large spectre et aux sonorités étroites: on enchaîne avec une chansonnette américaine sirupeuse; puis on bifurque sur un honnête air de hip-hop entraînant, tonique et sans prétention; hélas, on subit ensuite un concours à l'antenne, animé par un gars évidemment sympa, avec un invité évidemment sympa qui reçoit en une minute environ, «pour ma petite sœur», le disque d'un groupe évidemment sympa; et l'on dévie sur une nouvelle séance de techno au rabais avant de virer sur une approximation de rock. Chez NRJ, donc, l'auditeur en a pour ses oreilles. Il ne s'agit pas ici de juger la musique diffusée: cette auberge espagnole musicale ne peut que plaire à tout le monde, au moins durant quatre minutes par heure. C'est son principe: le besoin de reconnaissance «aimez-moi puisque j'ai besoin de vous» appliqué à la radio. A l'heure où ce média s'apprête, via le numérique, à multiplier ses canaux comme jamais, et donc ses niches, une telle popote radiophonique fait presque sourire.