L'auditeur est décidément gâté par les grilles d'été. Outre les grandes reprises, les stations se permettent quelques incartades. Ainsi Mes chers z'auditeurs, présenté par Thierry Romanens de 9h30 à 10 h sur RSR La Première, courte mais dense fenêtre dédiée à la radio, forme sur le mode satirique un étonnant concentré d'affection pour le média. La voix traitée avec un son grésillant «d'époque», parlant sur ce ton aussi nasillard qu'emphatique devenu la marque de fabrique de la radio de l'après-guerre, l'humoriste découpe son émission en petites tranches de vie de jadis, la plupart fictives. La richesse de cette demi-heure plongeant dans le temps passé vient de ce mélange de burlesque pseudo-rétro et d'une connaissance travaillée de la radio de naguère. Le choix musical s'avère étonnant, truffé de raretés et de morceaux savoureux.

Cette attitude de moquerie «méta-radiophonique», doublée d'une tendresse latente pour son sujet, est-elle vraiment goûtée par tous les auditeurs en pleine matinée d'été? Peut-être pas autant qu'elle le mériterait. Quoi qu'il en soit, Mes chers z'auditeurs a tout pour plaire à ceux à qui la radio est chère.