RSR La Première, 8 h 30: «En fait, il n'y a quasiment jamais de plaintes liées à des voisins qui auraient bronzé nus sur leur balcon.» France Inter, quelques minutes plus tard: «Nous demandons à la plage ce que nous exigeons du corps: qu'elle soit lisse, aseptisée et sans poils, c'est-à-dire sans algues.» Incontestablement, les émissions estivales constituent des fenêtres de détente pour les concepteurs et animateurs des radios publiques. Emissions satiriques, sujets plus légers, balades foisonnent sur leurs ondes alors que les stations privées de format musical, elles, ne changent pas d'un poil leur coloration sauf quelques gags «estivaux» dans le registre camping en fin d'après-midi.

Ces efforts pour aérer les ondes sont certes savoureux, mais l'auditeur ne peut se départir d'un léger scepticisme: qui écoute la radio en été? Les vacanciers en transhumance? Ils échappent vite à la zone d'émission des stations… Ceux qui sont restés dans leur périmètre? S'il fait beau, ils courent plutôt vers les lacs ou sur les sentiers de montagne, sans nécessairement emporter un poste RDS avec eux… Reste donc les laborieux, sans doute les auditeurs les plus fidèles des programmes «de vacances». Sadisme des gens de radio? Générosité, peut-être: vu la grisaille ambiante cet été, il n'est pas désagréable d'entendre parler de soleil, au moins en faisant sa toilette matinale.