Facebook et le «je n’aime pas» d’empathie

La fonctionbientôt en test

Deux minutes et cinq secondes: c’est le temps qu’il a fallu à Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, pour annoncer à la terre entière et particulièrement aux membres du plus grand réseau social numérique du monde – plus d’un milliard et demi d’usagers – qu’ils auront enfin la possibilité de manifester via un bouton ad hoc… leur tristesse ou leur mélancolie.

En fait, les membres de Facebook attendaient autre chose: qu’on leur annonce enfin que Facebook introduirait le bouton «Je n’aime pas».

Une demande vieille comme le réseau et maintes fois exprimée, afin que le dispositif ne baigne pas systématiquement dans le bizounoursisme et l’obligation de «liker», comme on dit aujourd’hui. «Liker» même ce qu’on ne «like pas du tout». «Donnez-nous d’autres moyens que simplement le bouton «j’aime» pour exprimer notre intérêt, notre désaveu, notre désaccord» s’exclamaient en chœur les usagers.

Mais depuis des années aussi Facebook s’est toujours montré très, très réticent à transformer son dispositif en un jeu impitoyable de «je n’aime pas» qui viendrait véroler le monde empathique et bienveillant qu’il tente de promouvoir. Depuis ce mardi 15 septembre cependant, les lignes semblent donc avoir bougé. Et c’est Mark Zuckerberg himself qui l’a annoncé dans une séance de «Questions-Réponses» avec les usagers.

Ce qu’a laissé comprendre le boss, c’est que la fonctionnalité sur le point d’être testée permettra surtout d’exprimer non son désaccord et sa détestation, mais son empathie, sa tristesse. Afin que le réseau social ne devienne pas une fosse aux lions où l’on envoie les posts des autres aux gémonies.

Par quoi l’on saisit que le dispositif voulu par Facebook est un dispositif qui encourage aux émotions fortes, mais incluantes et dans le principe positives. Ce qui est meilleur… pour le business.