Le biogaz pourrait couvrir environ 10% du total des énergies consommées en Suisse si l’entier du potentiel était pleinement exploité, estime Yves Membrez, responsable d’information de Biomasse pour la Suisse romande. Or, actuellement, ce pourcentage se situe en dessous de 1%. Le chemin a parcourir est donc encore long.

Le biogaz est multiple. Sa production, mais également son utilisation. Les plus grands contributeurs actuels à sa fabrication sont les stations d’épuration. En Suisse, environ 300 stations «digèrent» leurs boues et produisent ainsi du gaz. Petit bémol: la législation empêchant l’épandage de ces boues, elles sont au final incinérées, cassant au passage l’objectif du cycle fermé. Une autre catégorie est actuellement en vogue: le biogaz agricole. Il s’agit de la méthanisation des produits de la ferme (lisier, fumier, etc.) mélangés à 20% environ de déchets biodégradables industriels ou des restes de restaurants. Une petite centaine d’installations de ce type existent en Suisse, et son développement est lent mais régulier.

L’exemple de Nespresso

Une autre catégorie est celle des eaux usées d’industrie – au nombre de 25 en Suisse. Certaines grandes usines, comme Nespresso à Orbe, réalisent un prétraitement de leurs eaux usées et peuvent ainsi produire du biogaz. Celui-ci est en général réutilisé pour produire de la chaleur et de l’électricité consommées sur place.

Dernière catégorie: les installations de méthanisation des déchets de jardins ou ménagers compostables comme celle de Lavigny. On en compte une vingtaine dans tout le pays. Et plusieurs projets sont actuellement à l’étude, et la technique utilisée par l’entreprise Germanier est souvent prise en exemple. Ainsi, la Ville de Lausanne, qui doit déplacer à terme son actuelle compostière, entend réaliser un ambitieux projet de méthanisation et de production de compost sur le site de Cery. D’autres projets sont à l’étude à Fribourg (Posieux) ou encore Chavornay, tandis que l’installation de Villeneuve devrait prochainement opter pour la technique employée à Lavigny.

De 700 à 7000 voitures à gaz

Le biogaz peut être utilisé de trois manières différentes. Directement en tant que gaz s’il est réinjecté dans le réseau – ou en tant que carburant pour des véhicules à gaz, dont les immatriculations sont passées de 700 à 7000 entre 2003 et 2008. Il peut également être brûlé pour produire de la chaleur et de l’électricité – ces deux dernières énergies allant de pair. Pour des installations situées loin des centres urbains – comme les fermes –, la production de chaleur ne s’avère toutefois pas toujours très efficace.