Enfin! Des années qu’on attendait un jeu de tir qui nous sorte des schémas habituels - anéantir du terroriste («Call of Duty», «Bad Company», etc...) ou de l’alien («Killzone», «Halo»...) en gardant un impeccable sérieux tragique. Ces objets ont bien sûr d’éminentes qualités (ce sont de grands pourvoyeurs d’adrénaline et d’endorphines), mais certainement pas celles qui naissent d’une vision poétique ou simplement décalée. Cela dit, il est des jeux qui font cet effort de porter le joueur vers des joies d’écriture supérieures - aux niveaux de l’intrigue, de la narration et de l’univers. On parlera ici de raretés légendaires, comme les séries «BioShock» ou «Half-Life».

On y ajoutera donc «Borderlands», dont le studio Gearbox nous offre un deuxième épisode de toute beauté. Le scénario y tient lieu de prétexte: vous incarnez l’un des membres de l’amicale des Chasseurs de l’arche de la planète Pandore, et votre but sera de mener à bien des opérations de résistance contre les volontés hégémoniques d’un tyran nommé Beau Jack.

Mais là n’est pas l’essentiel. «Borderlands 2» consiste à vous faire parcourir de part en part une aire de jeu aux dimensions maximales, extrêmement variée et magnifiquement rendue par la technique du «cel shading», qui évite la tentation du réalisme pour donner à Pandora une roborative teinte de cartoon. Vous parcourez cette aire à la recherche d’objets, de trésors, d’armes, de munitions... et d’ennemis ou d’amis tous plus foutraques les uns que les autres. Car c’est bien là que réside l’intérêt majeur de l’expérience: la confrontation avec un monde complètement loufoque, rempli de doux dingues à chaque coin de rue. Il est extrêmement rare qu’un jeu de tir fasse naître un sourire chez le joueur; «Borderlands 2», lui, masse impitoyablement les zygomatiques.

Note: 5/5