post-votation

Blocher: «Les Romands ont toujours eu une conscience nationale plus faible»

Dans une interview à la «Basler Zeitung», le Zurichois n’exclut pas de revenir au gouvernement

Pour Christoph Blocher, côté francophone, les Suisses sont moins suisses que les Alémaniques. «Les Romands ont toujours eu une conscience nationale plus faible» (en V.O.: «Die Welschen hatten immer ein schwächeres Bewusstsein für die Schweiz»), affirme-t-il dans une interview à la Basler Zeitung, dont il est copropriétaire. Le patron de l’UDC regrette que le non à son initiative «contre l’immigration de masse» l’ait emporté dans les cantons romands.

Mais il se console en constatant que son initiative a obtenu un meilleur score dimanche que le vote sur l’Espace économique européen (EEE) de 1992. «Il y avait alors, dans certaines communes romandes, 90% de soutien pour une entrée dans l’EEE», se souvient-il. Selon lui, si les résultats varient d’un canton à l’autre, ou entre la ville et la campagne, c’est que la population n’est pas «unie»: «Il en a toujours été ainsi dans l’histoire de la Suisse. Il y a ceux qui veulent s’adapter et les autres, qui se battent pour l’indépendance.»

Le père de l’initiative «Contre l’immigration de masse», rencontré dans un lobby d’hôtel dans l’Oberland bernois, est «de la meilleure humeur qu’un homme puisse éprouver» au lendemain de sa victoire par les urnes, affirment les journalistes de la Basler Zeitung. Sur la photo qui accompagne l’interview, on le voit découper une pomme, symbole de la prospérité suisse qui a accompagné la campagne d’affichage des milieux économiques contre l’initiative UDC ces derniers mois.

Le conseiller national Zurichois de 73 ans, évincé du Conseil fédéral en décembre 2007, n’a pas fini de savourer sa revanche. Le gouvernement a «le devoir», dit-il, d’appliquer le texte de l’initiative. «C’est sa tâche», insiste Christoph Blocher et, «s’il trouve cela trop difficile, il doit démissionner». Le tribun joue l’élite contre le peuple: «Le gouvernement prend ses grands airs pour dire à quel point la volonté du peuple est mauvaise. Mais on ne peut pas se faire élire, gagner beaucoup d’argent, profiter des honneurs et oublier ce que ressentent les citoyens.»

A la question de savoir s’il était prêt à retourner au Conseil fédéral, Christoph Blocher répond: «La libre circulation et Schengen sont à l’origine de notre chute. Si le Conseil fédéral échoue à les supprimer et que je suis élu avec la mission de faire de l’ordre, alors je deviendrai à nouveau conseiller fédéral.» Il met en garde, pourtant: «Si on me veut au Conseil fédéral uniquement pour couper court à mon combat, alors je refuserai poliment.»

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