Le chef, donc, s’en va. Et les observateurs ont d’ores et déjà établi le bilan, plutôt mitigé, de l’action de Pascal Couchepin sur les prix de la santé. Le Valaisan a sans doute fait preuve d’une confiance en soi hymalayesque en prédisant la maîtrise des coûts, alors qu’il n’était qu’au pied de la montagne de soucis que représente ce secteur.

Contentons-nous de noter que ce domaine regorge de termes jargonneux peu ordinaires, songeons à ces étranges «tiers payant» ou «tiers garant», à l’acronyme gaffeur de l’ordonnance d’application de la LAMal, dite «OAMal» (Oh, a mal! dirait un bambin)… ou au retour incongru de la «capitation». Le terme figure dans le glossaire de l’amicale des assureurs, Santésuisse. La «capitation» y est décrite comme un mode de tarification dans lequel «le fournisseur de prestations ne touche pas une rémunération pour chaque cas particulier mais un forfait pour chaque assuré qui lui est adressé». Le dispositif est notamment utilisé dans le cas de réseaux de médecins, ou de cabinets HMO.

La capitation constituait jadis un impôt par tête, fixe. On peut aussi parler «d’impôt personnel», puisque le seul fait d’exister assujettit le citoyen à cette ponction, quelles que soient ses ressources. Dans son intéressant article sur l’histoire de l’impôt, l’Universalis relève que «ce type d’impôt correspond à une civilisation peu avancée». Bien entendu, on ne saurait en tirer une quelconque conclusion à propos du fonctionnement des assurances maladie.

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