saveurs du français

Carnoplastie, chirurgie aguicheuse

Chaque jour de l’été, sans prétention, «Le Temps» a dégusté un mot de la langue française

Voici un mot que l’on ne trouvera guère dans les dictionnaires. Et pour cause, il décrit une pure invention. Pour clore notre semaine dédiée aux feuilletonistes, on ne peut s’empêcher d’évoquer la carnoplastie, la discipline dans laquelle excelle le Docteur Cornélius.

Cornélius Kramm est le personnage phare de Gustave Le Rouge (1867-1938). Dans son cycle du Mystérieux Docteur Cornélius (18 épisodes), l’écrivain normand, défricheur du roman populaire tardif, raconte les machiavéliques intrigues de ce chirurgien esthétique surnommé «le sculpteur de chair humaine»: «On affirmait, sans doute avec quelque exagération, qu’il eût pu d’une vieille miss borgne, édentée, ridée et jaune faire une jeune fille fraîche et rose; beaucoup étaient persuadés que son pouvoir était sans borne.» Offrant à l’auteur de multiples possibilités grâce à la modification physique des protagonistes, Cornélius préfigurait à sa façon – diabolique – les compères de Nip/Tuck.

S’agissant de nos petites Saveurs, qui s’achèvent ce jour, il nous faut appâter nos lecteurs avec la même vigueur que celle des feuilletonistes. L’été prochain, donc, nous évoquerons des événements extraordinaires! Des meurtres inimaginables! Nous raconterons d’incroyables résurrections! Et même, pour la misérable somme de 3 francs l’exemplaire du Temps, nous verserons dans un érotisme insoutenable! Ah, parbleu, vivement 2010!

Chaque jour de l’été, sans prétention, «Le Temps» a dégusté un mot de la langue française.

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