Court-circuit

C’est arrivé près dechez vous

La tentation est forte, à la lumière des événements survenus la semaine passée, de songer à ce film de 1992, avec notamment Benoît Poelvoorde: C’est arrivé près de chez vous. Non pas pour le contenu du film, mais simplement pour son titre. Avec comme acteur principal PostFinance. En Suisse, c’est presque une institution. PostFinance, ce sont des frais de gestion bas, des taux hypothécaires concurrentiels, des offres attractives pour les jeunes…

Bref, PostFinance jouit d’une telle image que ses derniers agissements semblent totalement surréalistes. La société a récemment soumis ses clients à un incroyable chantage. En résumé: «Vous acceptez les nouvelles conditions générales, vous vous engagez ainsi à participer à notre nouveau portail commercial, vous acceptez que des entreprises tierces connaissent votre profil et vous ciblent avec leurs publicités. Sinon, nous désactivons votre service de paiement en ligne «e-finance».

Il aura fallu, en milieu de semaine dernière, l’intervention du préposé à la protection des données pour que PostFinance fasse piteusement marche arrière. «L’opération consistait à rien de moins qu’à transformer plus d’un million de clients privés en une pure marchandise et à transférer la relation de confiance aux acheteurs des données», nous écrivait jeudi soir un lecteur. S’offusquant, avec raison, que les médias aient si peu parlé de l’affaire en Suisse. Gageons en effet que si Facebook, Google ou Amazon avaient eu des agissements la sorte, le tollé aurait été planétaire.