Lors des élections fédérales de 1999, les chaînes de télévision, publiques et privées, ont peiné à donner la parole aux femmes, qu'elles soient candidates ou journalistes. En revanche, les radios publiques, elles, ont nettement privilégié la présence féminine. Chiffres à l'appui, ces deux tendances ont été présentées et détaillées hier à Berne. Elles ressortent d'une étude réalisée sur mandat de SSR-SRG idée suisse et de la Commission fédérale pour les questions féminines.

Télévisions mal notées, radios félicitées

Si les femmes représentaient 35% des candidats aux élections, les télévisions, lors des quatre semaines précédant le scrutin et toutes régions linguistiques confondues, ne leur ont pourtant accordé que 18% de temps de parole. Des chaînes publiques, c'est la TSR qui s'en sort le mieux (29% de temps de parole), contre 23% pour SF DRS, 11% pour la TSI et un piètre 8% pour la chaîne privée TV3.

Si, comme attendu, sur le petit écran, ce sont les partis gouvernementaux qui trustent les temps de parole les plus importants, le rapport entre candidats et candidates tourne nettement à l'avantage des premiers. Par rapport au pourcentage qu'elles représentent au sein de leurs partis respectifs, les candidates ont en effet toutes été sous-représentées à la télévision. Les socialistes s'en tirent le mieux (32% de temps de parole), suivies des démocrates-chrétiennes (21%), des radicales (14%). Avec 1% de temps de parole, les candidates UDC étaient, elles, quasiment inexistantes.

Sur les ondes des radios publiques, les candidates ont par contre bénéficié d'une représentation adéquate, tant au total (31%) que dans chacun des programmes analysés. Comme pour la télévision, c'est la Radio suisse romande qui a ménagé la plus grande place aux femmes. Leur temps de parole s'est monté à 37%.

Trop de journalistes hommes

En plus de la présence médiatique des candidats hommes et femmes, l'étude met également en lumière celle des journalistes hommes et femmes. Si, toutes chaînes de télévision confondues, les journalistes femmes sont représentées par un temps de parole de 24% dans les sujets électoraux diffusés, les différences d'une chaîne à l'autre sont énormes. C'est à nouveau la TSR qui a réservé la plus large place aux femmes (60% de temps de parole), suivie de la SF DRS (37%), Tele24 (18%), TeleTicino (14%) et TSI (11%). Comme pour les candidates, les radios font mieux que les télévisions, avec 40% de temps de parole accordés aux journalistes femmes.

L'étude met cependant en lumière un déséquilibre dans la répartition du travail en fonction du sexe: aux hommes, les émissions de débat (le format principal utilisé). Aux femmes, les comptes rendus et la présentation des informations électorales. Seule la TSR et les radios de la SSR ne présentent pas une répartition du travail journalistique en fonction du sexe.