Difficile d'évoquer autre chose que la guerre au Kosovo après avoir suivi les téléjournaux hier soir sur la TSR, puis sur F2.

Sur la TSR, c'était l'ancien chancelier Kohl interviewé lors d'un passage en Suisse. Il a su exprimer, en mots très simples, les coûts en vies d'une intervention terrestre et l'importance centrale de la Russie.

Sur F2, ce fut cet instant tragique où, de l'intérieur d'un bus bondé de réfugiés, un homme a tracé du doigt le nom de son village sur la buée de la fenêtre, à l'envers, lançant ainsi un message rapide dans la mer incertaine de ceux qui regardaient le bus s'éloigner vers un camp.

F2 a montré aussi des chiffres scandaleux: le nombre de réfugiés accueillis jusqu'ici par les pays de l'OTAN. 1800 en France, 10 au Canada, 0 aux Etats-Unis! On peut se demander comment la Suisse va oser choisir 2500 personnes en «situation de rigueur» parmi les visages éprouvés que les caméras nous montrent chaque jour. Alors que chaque fois c'est le même choc: «Mon Dieu, c'est incroyable, ils ont les mêmes habits, les mêmes coiffures, les mêmes attitudes, ils sont si proches de nous.» Ne pas ouvrir davantage la porte semble de plus en plus insoutenable.