Le racisme linguistique de Mme Kirchner

En Chine, la présidente argentine singe l’accent chinois

Un chef d’Etat utilise Twitter en veux-tu, en voilà, et c’est en fait une cheffe d’Etat, la présidente de l’Argentine, Cristina Kirchner (@CFKArgentina). Au point d’épuiser ses 3,5 millions de followers. De décoiffer les observateurs. Ou de vexer les Chinois.

Vexer les Chinois? Oui. Abominablement. C’est arrivé ce 4 février, à 13h29, pendant la visite d’Etat qu’elle effectue dans ce pays si sourcilleux sur l’étiquette.

Le casus belli? Un petit micro-message de trois fois rien, 112 signes, espaces compris. Noyé entre les 61 premiers tweets déjà balancés sur la Toile et les 83 qui allaient suivre. Mais où la présidente de la République griffe ses adversaires politiques argentins en se fendant la malle au passage à propos de l’accent de ses hôtes.

La twittosphère tétanisée

Les locuteurs chinois peinent à prononcer les «r», qui finissent par ressembler à des «l». En singeant dans son message cette légendaire idiosyncrasie linguistique, la présidente a tétanisé la Toile, d’abord argentine, puis mondiale. Au point d’avoir été retweetée des milliers de fois.

Du réseau, les ricanements et l’indignation se sont déportés sur l’équivalent chinois de la plateforme de microblogging, Weibo. Où les Chinois dénoncent cet affront ethnique.

Quelques internautes, enfin, n’ont pas manqué d’ironiser sur l’incontinence langagière de Cristina Kirchner , comparée au quasi-silence radio qui entoure, sur le même compte Twitter, présidentiel, les récents rebondissements de l’affaire Nisman. Du nom de ce procureur argentin retrouvé suicidé à son domicile et qui avait envisagé de la faire arrêter. Mais cela, c’est une autre histoire que même 146 tweets à 140 signes n’épuiseront pas de sitôt.