Après avoir fait le buzz sur les réseaux sociaux en envoyant sèchement sur les roses une journaliste qui voulait lui poser, au débotté, une question gênante liée à des conflits d’intérêts, la députée européenne Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice sous Nicolas Sarkozy, refait parler d’elle. Et voit s’abattre sur elle une nuée de tweets vachards ainsi qu’un hilarant détournement d’image.

A l’origine du déluge, une séquence en trois temps. Premier temps, une émission d’investigation sur France 2, où l’ancienne garde des Sceaux, aujourd’hui députée européenne, perd son calme face à la journaliste Elise Lucet qui la piste dans les couloirs du Parlement européen. Excédée, mais également filmée, Rachida Dati traite Elise Lucet de pauvre fille à la carrière pathétique. France 2 passe le clash dans son teasing trois jours avant l’émission. C’est l’émeute sur Twitter qui bouillonne pendant tout le week-end: premier pic de conversation. C’est que l’on ne s’attaque pas impunément ad hominem à une journaliste connue et respectée dans la profession, sans déclencher nécessairement, qui plus est lorsque l’on s’appelle Rachida Dati, les foudres concentrées de la presse et de la Twittosphère.

Un tweet résume à lui seul toutes les calamités qui tombent sur la tête de la bien arrogante Rachida Dati, celui de Stéphane Guillon:

Deuxième pic, deuxième temps: durant le passage de l’émission sur France 2 lundi soir. Le site French Social TV en compte quelque 18 000.

Et troisième pic, depuis, celui suscité par l’une des informations contenues dans l’émission de lundi soir. Celle selon laquelle, Rachida Datti, choquée par l’insistance tenace de la journaliste, avait «consulté le médecin du Parlement qui décrit un indéniable état de choc émotionnel». Ah que ce «choc émotionnel» plonge Twitter dans l’hilarité. Un étudiant infirmier et par ailleurs pompier volontaire circulant sous le nom N20/02 s’exclame:

Il en remet une couche peu après:

Romain Gros, master en droit social, lui, ricane:

Bref c’est la curée, au point que le hashtag #ChocEmotionnel devient un des signes de ralliement des twittos. Signe de l’épiphanie ainsi atteinte par l’ancienne ministre, la circulation sur Facebook d’un «mème» – c’est le nom que l’on donne dans la culture internet au détournement d’image – hilarant que je suis allé pêcher sur le compte de la psychanalyste Marlène Bellilos qui partageait un mème de Donald Potard:

Il n’est pas simple d’être une femme politique en vue. Surtout si l’on a du caractère, que l’on ne passe pas inaperçue, que l’on ne se laisse pas marcher sur les pieds et que l’on ne maîtrise pas complètement ses nerfs… Alors si en plus vous êtes filmée en flagrant délit et que vous remettez une compresse: c’est la gloire assurée.