Chronophages. Fastidieuses. Et souvent pas au point. Les techniques pour diffuser du contenu audio et vidéo sur sa télévision existent par dizaines: de l’Apple TV aux boîtiers multimédia, en passant par les consoles de salon et les dizaines de solutions bricolées (via Raspberry Pi ou Plex). Mais peu permettent de reproduire à la télévision – en temps réel, en haute définition et sans problème de son ou d’image – ce qui apparaît sur son téléphone, sa tablette ou son ordinateur. La clé noire fabriquée par Google, le Chromecast, relève en partie le défi.

Sorti officiellement aux Etats-Unis en octobre dernier, le Chromecast est aussi commercialisé en Suisse – il coûte par exemple 57,50 francs chez Digitec.ch, qui nous a prêté un exemplaire pour ce test. L’appareil n’existe pour l’heure qu’en version américaine: le mode d’emploi est en anglais et la prise électrique est aux standards de l’Amérique du Nord. Ce n’est pas un problème, car la mise en route de l’appareil est simple et la prise peut être remplacée par un adaptateur USB/secteur (par exemple celui d’un smartphone).

Dans la petite boîte carrée aux couleurs de Google se trouvent quatre objets: le Chromecast (qui ressemble à une grosse clé USB, mais avec une sortie HDMI), un câble USB/micro-USB, une petite rallonge HDMI (au cas où l’accès à la prise du téléviseur serait malaisé) et un adaptateur américain USB/secteur. Pour la mise en route, il suffit de brancher le Chromecast sur l’une des sorties HDMI de la télévision et d’utiliser le câble USB pour l’alimenter en électricité (soit directement sur l’une des sorties USB du téléviseur, soit sur le secteur). Après une dizaine de minutes de mise en route, d’installations et de mises à jour diverses (le tout via Wi-Fi), le Chromecast est prêt à être utilisé.

Deux possibilités s’offrent à l’utilisateur. Il peut d’abord opter pour une utilisation depuis un téléphone portable ou une tablette (fonctionnant sous Android, version 2.3 minimum, ou iOS 6). Dans ce cas, il doit le faire via l’une des applications compatibles Chromecast. Pour l’heure, il en existe une petite trentaine (YouTube, Netflix ou Pandora sont les plus connues; la liste complète est disponible sur la page Wikipédia de l’appareil).

Pour regarder une vidéo YouTube, il faut d’abord la sélectionner sur sa tablette via l’application homonyme, et choisir ensuite le Chromecast comme canal de diffusion. La vidéo apparaît dans la meilleure résolution disponible. Un point positif: la tablette (ou le téléphone) agissant comme une simple télécommande, elle ne diffuse elle-même pas la vidéo – ce qui permet d’économiser la batterie de l’appareil. Le Chromecast se charge de diffuser lui-même la vidéo sur la télévision, détectant automatiquement la résolution. Si la vidéo est en haute définition, le rendu est irréprochable.

Problème: à l’heure actuelle, le nombre d’applications compatibles Chromecast est limité, et ces dernières ne s’adressent presque qu’au marché américain. Cela pourrait toutefois changer puisque, depuis début février, un kit de développement a été mis à disposition du grand public par Google. Chaque fournisseur de contenus peut ainsi déployer sa propre application Chromecast.

En attendant, il existe un plan B. Il est possible d’utiliser son ordinateur et le navigateur de Google, Chrome. Grâce à une extension installée en une dizaine de secondes, le Chromecast duplique sur l’écran de télévision la fenêtre du navigateur de l’ordinateur (voire l’écran dans son ensemble). Cela permet ainsi d’afficher sur sa télévision tous les contenus disponibles sur Internet, des émissions du site de la RTS à n’importe quel jeu flash. Un inconvénient à cette solution: l’image étant streamée depuis l’ordinateur (et non plus diffusée directement via le Chromecast), elle devient un brin saccadée.

Mauvaise nouvelle pour les utilisateurs d’iTunes, le Chromecast n’est pas (encore) une alternative à l’Apple TV: aucun moyen ne permet en effet de diffuser les contenus de sa bibliothèque (vidéos, photos, musique) via la clé noire. Plus globalement, il est difficile de diffuser ses propres contenus via la clé de Google; cela est possible via quelques manipulations – en utilisant Chrome comme lecteur, par exemple – mais la qualité n’est pas au rendez-vous. Et cela revient finalement aux bricolages chronophages évoqués au début.

Il existe une trentaine d’applications compatibles, telles YouTube, Netflix et Pandora