Le cireur de chaussures espagnol qui a fait le bonheur de Rio 2016

La ville olympique brésilienne a récupéré l’adresse Twitter @riodejaneiro sans contrepartie financière

L’histoire est magnifique, presque touchante. Les autorités brésiliennes viennent de récupérer une adresse Twitter hautement stratégique. Enjeu: faire la promotion des Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016. C’est désormais chose faite grâce au don… d’un cireur de chaussures espagnol. Qui fait d’ailleurs un léger complexe d’identification au personnage du film Forrest Gump de Robert Zemeckis (1994), interprété par Tom Hanks, et dont on connaît la passion pour les shoes, comme il le signale sur son profil.

Gagnant quelque 30 euros par jour dans les rues de Malaga, ville côtière du sud de l’Espagne, en Andalousie, Javier Castaño, 50 ans, a récemment révélé – sans demander aucune contrepartie financière à la mairie de Rio de Janeiro – le mot de passe donnant accès à l’adresse @riodejaneiro, qu’il avait créée en 2007. Du coup, le monsieur est devenu @xabel sur le site de microblogging et ladite adresse l’officielle du compte du guide officiel de la Ville de Rio.

A quelque 8000 kilomètres de Malaga, le responsable du tourisme à la mairie de Rio de Janeiro, Antonio Pedro Figueira Mello, a reconnu que cette adresse était «d’une grande valeur alors que nous nous rapprochons de la date des Jeux olympiques» de 2016. «Nous sommes heureux d’enfin pouvoir utiliser le nom de notre ville sur le réseau social», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Mais Javier Castaño n’a pas toujours été cireur de chaussures. Designer graphique avant la crise qui a frappé l’Espagne à partir de 2008, il a été forcé de se reconvertir. Pour autant, souligne-t-il, pas question de faire payer les propriétaires légitimes de ces adresses. Sous-entendant que lui-même ne serait pas dans la «légitimité».

Il a affirmé à l’AFP vouloir en faire de même avec le compte @japan , grâce auquel il mène une véritable campagne philanthropique avant les Jeux de Tokyo, en 2020. L’histoire est en train de faire le tour du monde sur la Toile.

Et lui confesse: «Je suis un cireur de chaussures gagnant peu d’argent, mais j’ai la chance de pouvoir faire un cadeau à 130 millions de Japonais ou à huit millions de personnes à Rio. Est-ce que vous pouvez dire la même chose?» confie Javier Castaño par téléphone depuis Malaga.

C’est en 2007, alors que Twitter, lancé un an plus tôt, n’en était qu’à ses balbutiements, qu’il a eu le flair d’enregistrer plusieurs adresses stratégiques. Depuis, il a déjà «rendu» aux autorités concernées le nom @canada, qui est devenu l’adresse officielle de la Canada’s voice to the world. Et il en a fait de même avec @madrid, qui est désormais le nom du compte officiel de la capitale espagnole.

Javier Castaño se déclare maintenant très heureux d’être devenu une star du Web et des réseaux sociaux. «La seule chose qu’il me reste à faire est de convaincre les Japonais», qui ne se disent pas intéressés, selon le Guardian britannique.