Et la paix revint entre Claude Béglé et Jacques Neirynck. Afin de sauvegarder l’unique siège du PDC vaudois au Conseil national cet automne, les deux hommes ont trouvé un terrain d’entente après la querelle de l’été dernier.

Claude Béglé conduira la liste du parti à la Chambre basse. Jacques Neirynck, actuel titulaire du fauteuil, en fera partie. Il mettra sa popularité au service de la candidature de l’ancien président de La Poste. Le duo se présentera par ailleurs également à l’élection pour le Conseil des Etats. L’assemblée de la formation démocrate-chrétienne a entériné le tout à l’unanimité mardi soir à Lausanne.

Après les vifs échanges du mois de juin dernier, la direction du PDC vaudois «a voulu calmer le jeu et trouver une solution à l’abri des médias», indique Axel Marion, coprésident du parti. Un groupe de travail réunissant personnalités expérimentées et représentants de la relève a élaboré «une stratégie électorale plus inclusive».

«Désir profond»

«Le parti a entendu le désir profond de Jacques Neirynck d’être candidat au Conseil des Etats», note encore Axel Marion, alors que cet été, le PDC vaudois était moins enclin à accéder aux souhaits du professeur honoraire de l’EPFL. La direction de la formation aurait préféré que l’élu de 83 ans se retire. Même avant le terme de la législature. Claude Béglé, vient-ensuite aux élections fédérales de 2011, aurait pu le remplacer profitant de la prime au sortant lors des élections de cette année. Jacques Neirynck s’en était offusqué et l’avait dit, menaçant de se présenter en indépendant. Ce qui avait déclenché la dispute.

Finalement, l’intérêt supérieur du parti l’a emporté. Le PDC ne peut pas se permettre de partir divisé en campagne. Sa taille et son électorat dans le canton le lui interdisent, explique Claude Béglé, très satisfait de l’issue négociée.

Quant à Jacques Neirynck, il est conscient de la force des conseillers aux Etats en place – la socialiste Géraldine Savary et le Vert Luc Recordon qui briguent un troisième mandat. Mais il rappelle dans la foulée sa capacité à gagner les paris les plus improbables. Même si d’aucuns considèrent qu’il s’agit avant tout de donner de la visibilité au parti, le conseiller national va jouer toutes ses cartes pour décrocher le siège. Axel Marion confirme: «Nous allons mener une vraie campagne malgré nos chances réduites de réussite.»

Reste à savoir si les deux rivaux sauront faire fi de leurs différences, de leurs positions politiques parfois antagonistes et se soumettre à la discipline de parti dont l’objectif primordial est de conserver le siège bernois. Et si Jacques Neirynck devait l’emporter une quatrième fois, le PDC vivra avec. Mais ce n’est ni le scénario retenu ni le vœu actuel du titulaire du poste.