Fruit de plusieurs décennies de recherche, le cœur artificiel de la société Carmat est une prouesse technologique. Cette prothèse reproduit le fonctionnement d’un cœur naturel, notamment son adaptation à l’effort. Elle a été en partie conçue à partir de tissus animaux afin d’améliorer son acceptabilité par le corps. C’est «le cœur artificiel le plus performant au monde», dixit son inventeur, le chirurgien cardiaque français Alain Carpentier.

Le premier être humain implanté en décembre 2013 avait subi de nombreuses complications postopératoires et était décédé 74 jours après l’intervention. Un deuxième patient a reçu un cœur Carmat le 5 août 2014. Rentré chez lui en début d’année, il vivrait depuis une «vie normale». Son cœur fonctionne grâce à un appareillage externe de 3 kilos, comportant un système d’approvisionnement en électricité. L’autorisation d’essai clinique délivrée par les autorités françaises de santé à la société Carmat portant sur ­quatre patients, des implantations supplémentaires devraient suivre.

Réservé aux hommes

D’autres prothèses de cœur sont en développement, mais à un stade moins avancé. Quant au cœur CardioWest, de la société américaine SynCardia, il a déjà été greffé à 1413 personnes; il est toutefois moins perfectionné que son concurrent français.

Tous ces appareils sont conçus pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque grave, dont le cœur ne parvient plus à fournir un débit sanguin suffisant. Ils sont implantés dans l’attente d’une greffe avec un cœur naturel. Cependant, d’autres techniques permettent aujourd’hui de venir en aide aux insuffisants cardiaques, ce qui réduit le nombre d’indications de remplacement cardiaque. De plus, le cœur artificiel ne convient pas à tous les malades. Celui de Carmat est ainsi presque exclusivement réservé aux hommes du fait de sa taille.