L’Eglise catholique a publié plusieurs documents et édicté des règles concernant les actes de pédophilie commis par des membres du clergé.

En 1962, le Saint-Office (aujourd’hui la Congrégation pour la doctrine de la foi) envoie aux évêques une lettre en latin, Crimen sollicitationis, qui établit la procédure à suivre en cas d’abus. Sans exclure le recours à une juridiction civile, le texte recommande de traiter ces affaires dans le plus grand secret, mais oblige tout catholique en ayant connaissance à dénoncer le clerc fautif aux autorités ecclésiastiques dans les plus brefs délais, sous peine d’excommunication.

Le Code de droit canonique de 1983 introduit le crime de sollicitation, à savoir la faute qui consiste à obtenir des faveurs sexuelles avant, pendant ou après la confession. Ce délit entraîne des sanctions sévères, qui vont jusqu’à la réduction du prêtre à l’état laïc.

Le 30 avril 2001, Jean Paul II publie le motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutela. Ce document explique que les abus sur les mineurs font partie des délits les plus graves. Après une enquête préliminaire, ceux-ci doivent obligatoirement être signalés par les évêques à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le 18 mai 2001, le cardinal Joseph Ratzinger envoie aux évêques du monde entier la lettre De delictis gravioribus, qui précise la nature des délits soumis à la compétence de la Congrégation qu’il dirige. Ce document prête à controverse, car il stipule que les cas d’abus de mineurs sont soumis au secret pontifical. Toutefois, comme la lettre Crimen sollicitationis, il n’interdit pas explicitement le recours à une juridiction civile.