On en parle

Conduire ou se faire violer

Comment débusquer la mauvaise foi? Par le mépris de la logique. Ainsi a été pris Saleh al-Saadoon, historien saoudien, lors d’une émission de TV. Pourquoi, lui demande la présentatrice Nadeen Bdeir, les femmes ne peuvent-elles pas conduire? «Parce qu’elles risquent d’être attaquées sexuellement si leur voiture tombe en panne.» L’intellectuel, pour qui le viol est avant tout un problème religieux et d’honneur social, estime que les Saoudiennes – «traitées comme des reines» – n’ont qu’à demander à un membre masculin de leur famille de les véhiculer. Mais, rétorque la présentatrice, un homme, même de la famille, peut aussi être un agresseur. Et le sage de répondre: «La solution est d’engager des chauffeurs étrangers de sexe féminin pour conduire nos femmes.» Et si, elles aussi, se font attaquer? Pour l’historien, c’est beaucoup moins grave puisque, selon sa logique, si les femmes occidentales conduisent c’est parce qu’«elles se soucient moins d’être violées». La vidéo de cet entretien surréaliste est postée sur YouTube. Elle fait un malheur.