La coordination anti-OMC formée d’une trentaine d’organisations paysannes, syndicales, environnementales et politiques appelle à une marche de protestation ce samedi à Genève. Pour Alexandre de Charrière, membre d’Attac-Suisse, l’OMC incarne le libre-échange à outrance synonyme des inégalités à l’intérieur des pays et entre pays. L’Alliance Sud, un collectif d’associations suisses, tient le même langage et demande de mettre fin aux négociations du Cycle de Doha. Une ONG internationale, «Notre monde n’est pas en vente», qui se déplace à Genève avec près de 200 délégués, tient la dérégulation pour responsable de la crise financière et économique qui a fragilisé davantage les plus vulnérables de la société.

De nombreuses organisations paysannes (suisses et étrangères) seront présentes en force. Elles demandent que l’agriculture ne fasse plus partie du Cycle de Doha. Une délégation internationale paysanne quittera Genève la semaine prochaine pour le Sommet sur le climat à Copenhague.

Dix ans après Seattle

Ce mouvement altermondialiste qui fête ses dix ans – la première grande manifestation avait eu lieu en 1999 lors de la Conférence ministérielle de l’OMC à Seattle – se dit tout de même satisfait de son engagement. De nombreuses revendications (dette, climat et consommation, régulation financière et taxe Tobin, démocratisation du Fonds monétaire international) sont aujourd’hui prises au sérieux par les dirigeants mondiaux.

Aux côtés des altermondialistes, un autre courant fonctionne parallèlement à l’OMC. Il estime que le commerce est le moteur de la croissance et plaide pour une conclusion rapide et équilibrée de Doha. De nombreuses organisations aident des pays en développement à négocier à Genève. Elles prévoient plusieurs événements (conférences, publications) en marge de la réunion ministérielle.