Après vingt-cinq ans passés à la tête du groupe Fiat, Cesare Romiti vient de prendre possession du prestigieux quotidien italien Il Corriere della Sera. Considéré en quelque sorte comme son cadeau de départ de l'empire turinois qu'il quittera le 22 juin prochain, l'industriel, âgé de 75 ans, a en effet été désigné mardi au poste de président de Rcs (Rizzoli Corriere della Sera), par l'assemblée des actionnaires.

Septuagénaire dynamique, celui que l'on surnomme «le sauveur de Fiat» a ainsi obtenu le contrôle du plus gros groupe éditorial du pays qu'il convoitait depuis plusieurs mois. Commentant régulièrement l'actualité, intervenant tout aussi systématiquement dans le débat politique transalpin, Cesare Romiti n'a jamais caché sa passion pour la presse et ses jeux d'influence. «L'édition est un secteur qui m'a toujours intéressé», a-t-il admis immédiatement après sa nomination.

Avec plus de 700 000 copies vendues chaque jour, le Corriere della Sera est non seulement le principal quotidien du pays mais il demeure le journal de référence pour les élites politiques et économiques italiennes ainsi que pour les intellectuels, le quotidien milanais ayant depuis toujours accueilli dans ses pages les grandes plumes de la littérature italienne. Outre le Corriere, Rcs dont le chiffre d'affaires l'an passé s'est élevé à près de 2500 milliards de lires (220 millions de francs), détient le principal quotidien sportif italien La Gazzetta dello Sport, toute une série d'hebdomadaires et autres magazines ainsi qu'un prestigieux département livres.

L'irruption de Cesare Romiti à la présidence du conseil d'administration de Rizzoli devrait par ailleurs s'accompagner d'une prise de contrôle financière de la société à travers le holding HDP (qui détient 100% de Rcs) actuellement géré par son fil Maurizio. Dès l'annonce de l'arrivée de Cesare Romiti à la tête du groupe, une partie des rédacteurs du Corriere della Sera ont fait part de leur inquiétude quant à l'indépendance future du journal. «J'entends assurer la défense des journalistes et de leur autonomie», a immédiatement répliqué le nouvel homme fort de la presse italienne.