«Forza», licence exclusive de Microsoft, déboule dans une période d’achats compulsifs avec un troisième volet qui, s’il s’avère agréable à la prise en mains, génère à la longue un étrange sentiment de contrainte. Le jeu de course de voitures mis en boîte par le studio Turn 10 opte en effet pour une scénarisation très inspirée du réel imaginé d’un apprenti pilote : pour autant que vous décidiez de vous conformer à cette visée biographique, vous gérez l’ensemble des nombreuses étapes de votre carrière pas à pas, usant des tonnes de gomme avant de pouvoir mettre la main sur un bolide digne de ce nom.

Cette exhaustivité ravira sans doute les aficionados des légendes du bitume qui ne rechignent pas à la tâche. Tout comme les réjouira sans doute l’indéniable qualité graphique de « Forza 3 » : les voitures sont au bénéfice d’un rendu impeccable, le vivier de modèles (420 véhicules, 53 constructeurs) est gargantuesque, et les circuits, de Silverstone à Mugello, sont très honnêtement réalisés. Mais on ne peut s’empêcher de regretter une certaine obsession de la linéarité, et le manque chronique de tout grain de folie. Ce n’est pas important, mais c’est un signe: même la voix off qui guide le joueur donne davantage l’impression d’annoncer l’entrée d’un train en gare que de flatter le goût de la vitesse d’un pilote en herbe.

Note : 2,5 sur 5