Non, Napster n'est pas mort. Son heure de gloire est certes derrière lui. De juin 1999 à juillet 2001, des millions d'internautes avaient téléchargé gratuitement des milliers de titres, avant que la pression des majors de la musique ne se fasse trop pressante. C'est avec ces mêmes majors que Napster, désormais cotée en bourse, vient de signer. Depuis la semaine passée, la firme propose de télécharger les six millions de titres de son catalogue, sans aucune protection anticopie – les fameux DRM. Il est ainsi possible de les écouter sur un iPod, un baladeur d'une autre marque, un nombre illimité d'ordinateurs…

Certes, Napster est encore petit par rapport à Amazon – qui offre le même service depuis janvier – et n'est rien face à Apple et son iTunes Music Store qui trusterait 70% du marché. Il n'empêche, le geste est fort. Nombreux sont les internautes excédés par ces DRM qui les empêchent d'utiliser librement une musique qu'ils paient cher. Apple avait certes fait un geste en vendant depuis peu 2 de ses 6 millions de titres sans DRM. D'abord plus cher que les titres avec DRM, puis quelques semaines plus tard au même prix.

L'on peut ainsi espérer que cette nouvelle pique dans le géant Apple le fasse réagir et le pousse à ouvrir enfin l'entier de son catalogue aux titres sans protection anticopie. Bien sûr, il couperait ainsi le cordon magique qui relie ces chansons à l'iPod, seul baladeur capable de lire les DRM – à moins de réenregistrer les titres, ce que font peu d'internautes.

Reste que Napster, qui vend chaque titre 99 cents et les albums 9,95 dollars, et aux Etats-Unis uniquement, est fragile. Il ne cesse de perdre de l'argent, malgré les 760000 abonnés à son service d'écoute de musique. Et sa renommée est toujours nettement moins grande que celle d'iTunes.