Il devient difficile de savoir à quel point la réputation de la VSO – voie de garage pour les plus sévères; une opportunité offerte aux plus démunis qu’il faudrait valoriser, pour ses défenseurs – détermine l’avenir des élèves qui la fréquentent, davantage que leurs résultats scolaires.

Si l’on s’en tient aux statistiques fournies par le canton de Vaud, 14% des élèves sortant de la voie secondaire à option ne trouvent pas de débouchés véritables. La proportion est identique pour les élèves de la VSG (voie générale). Un tiers des élèves de la VSO passe par des mesures de transition. Il existe une large gamme de 10e année qui permet à 80% des jeunes de trouver plus tard un poste en entreprise ou dans une école post-obligatoire. 12% des VSG connaissent le même sort. Un autre tiers issu de la filière la plus faible décroche une place d’apprentissage dans un métier de son choix – ils sont 41% en VSG. Finalement, 18% tentent un raccordement vers la voie supérieure (VSG). Ils sont 7% à chercher à grimper en VSB (gymnasiale) depuis la voie générale.

Vers les métiers peu qualifiés

Les pratiques des employeurs-formateurs varient beaucoup vis-à-vis des VSO. De l’accueil bienveillant au rejet pur et simple dès l’appel d’offres. Les périodes de pénuries de place exacerbent la compétition aux dépens des moins brillants, note le député socialiste Jean Christophe Schwaab. Si les opportunités ne manquent pas, elles se situent souvent dans une palette de métiers peu qualifiés.

Concrètement, Bobst encourage la venue des VSO; 10 à 15% de ses 260 apprentis proviennent de cette filière, précise Franck Le Vallois, responsable de la formation auprès de l’entreprise vaudoise leader des équipements destinés aux industries d’emballage. L’engagement dépend d’ailleurs bien davantage de la motivation des candidats que de leur qualification. Bobst ouvre cette année une section de préapprentissage qui s’adresse précisément aux jeunes en délicatesse avec les connaissances de base.

Chez Migros Vaud, 8 apprentis sur 10 proviennent de la VSO. Cependant, les candidats doivent avoir une moyenne de 4 au minimum dans les branches principales telles que le français, les maths et si possible une langue étrangère (allemand). La plupart des apprentis sont dans les métiers de la vente, soit gestionnaires ou assistants de commerce de détail. La voie à option suffit également pour les métiers de conducteur de camion ou de décorateur, mais pas pour devenir monteur frigoriste ou employé de commerce.

La Banque Cantonale Vaudoise (BCV) est plus restrictive. Les places d’apprentissage dans l’établissement sont réservées aux élèves qui suivent les voies VSB ou VSG. Pour les jeunes gens qui suivent la voie VSO, il est nécessaire de prévoir une 10e année de raccordement.

Les VSO accèdent également aux écoles professionnelles. L’ERACOM de Lausanne (Ecole romande d’art et de communication), par exemple, compte des élèves de cette voie dans toutes ses branches. Le gros des effectifs, indique Michel Stauffer, directeur de l’école, est en apprentissage. Mais un bon 10% obtient une maturité professionnelle. Bien sûr, note-il, on retrouve en nombre les VSO dans les formations peu scolarisées, telles que la logistique, alors qu’ils se font rares dans les autres, comme le graphisme.