Court-circuit

Des débuts à très hauts risques

C’est une surprise. Il n’aura fallu que 16 jours à Google pour obtempérer de manière concrète au jugement de la Cour européenne de justice. Jeudi dernier, le moteur de recherche mettait en ligne un formulaire permettant à tout un chacun de demander à ce que du contenu ne soit plus indexé. Cette première étape n’est pourtant pas la plus importante. Car la mise en pratique de ce «droit à l’oubli numérique» s’annonce toujours extrêmement risquée.

Sur son site, Google est déjà très prudent. Il affirme vouloir savoir si les informations à désindexer «concernent (par exemple) des escroqueries financières, une négligence professionnelle, des condamnations pénales ou une conduite publique adoptée par un fonctionnaire». Le moteur de recherche, et c’est une première, demande à l’internaute effectuant cette requête de s’identifier clairement, en lui faisant parvenir une copie d’une pièce d’identité. Les quelque 12 000 requêtes reçues en quelques heures seront traitées par un comité comprenant notamment un professeur de droit et Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia.

Si la célérité de Google est à souligner, la mise en application du jugement semble toujours autant irréaliste. Selon quels critères ces «sages» prendront-ils des décisions? Car il sera impossible de définir une ligne claire entre ce qui est à supprimer et ce qui est à conserver. Et c’est peut-être le pari de Google: démontrer rapidement l’impossibilité d’accéder à cette décision européenne.