Souvenez-vous: Alien était cette charmante bestiole dessinée par H.-R. Giger qui hantait les coursives du Nostromo dans le film éponyme de Ridley Scott (1979) et avait la fâcheuse habitude d’incuber dans le corps des spationautes avant de les faire exploser de l’intérieur (pauvre John Hurt...). Predator, lui, tenait plutôt du gladiateur extraterrestre à mandibules de crabe et coiffure mi-rasta mi-Méduse contre lequel Arnold Schwarzenegger – qui ne présidait pas encore aux destinées de la Californie – gagnait à la fin dans le tout aussi éponyme film de John Mc Tiernan (1987). Figures mythiques, pour la science-fiction, de l’altérité des immensités extragalactiques, les deux personnages – par un de ces miracles dont la culture nerd est capable – eurent tôt fait d’être réunis et insérés dans des trames narratives et des mondes fictifs bien à eux : tout d’abord par le biais des comics, puis par celui du cinéma de série B et du jeu vidéo.

Ainsi l’« Alien vs Predator » millésime 2010 est-il le dernier avatar d’une longue tradition vidéoludique remontant à 1994 (autant dire la préhistoire), année durant laquelle les deux monstres firent leur apparition dans les salles d’arcade. Un si antique lignage, malheureusement, n’est pas gage de qualité : le jeu de tir à la première personne proposé aujourd’hui par le studio Rebellion ne génère qu’un intérêt mesuré. Scénario aux portes de l’inexistence, réalisation pas vraiment digne d’une console next gen, manque de rythme : la seule originalité – mais portons-la au crédit des développeurs – est de permettre au joueur de choisir quel type de rôle il va endosser (Alien, Predator, ou un pauvre marine en mission sur la planète reculée sur laquelle les deux premiers s’affrontent), ce choix impliquant des manières de jouer effectivement différentes. Certes, le jeu dans son ensemble n’est pas totalement dénué d’intérêt, et l’on se surprend même à sursauter sur son divan lorsque, dans les cavernes sombres d’un astre perdu, le frôlement furtif d’un Alien se fait sentir. Mais cela reste tout de même un peu maigre.

Note: 2,5 sur 5