Il y a deux « Call of Duty » dans chaque épisode de « Call of Duty »: la campagne solo et le mode multijoueurs. C’est précisément pour cette raison que la critique de ce « doom-like » (un jeu de tir à la première personne) va se diviser en deux chapitres:

Campagne solo

Courte, intense et aussi graphiquement aboutie que narrativement confuse. Assez simplement, on peut affubler la campagne solo de «Call Of Duty: Modern Warfare III» de ces quatre qualificatifs. Reprenant au vol l’histoire des épisodes précédents – guerre américano-russe contemporaine (2016 environ) remplie de personnages-clés dont on peine à retenir les rôles et les noms –, cette campagne nous fait traverser des villes et des campagnes d’une saisissante réalité. Tirez seulement quelques rafales à la Bourse de New York au milieu d’une Grande pomme en cendres, dégommez des hordes de Méchants dans un sombre château tchèque ou balancez des roquettes contre la tour Eiffel: vous aurez l’impression d’avoir vu du pays. L’immersion du joueur est fascinante.

Le rythme des différentes missions oscille lui avec précision entre les minutieuses séquences de tir à la lunette et le mitraillage en veux-tu en voilà. Un délicieux cocktail chronophage mais malheureusement trop bref: terminée en quelques heures, la brièveté de la campagne contraste sévèrement avec son intensité (c’est d’ailleurs un point faible récurrent de la franchise Call Of Duty).

Mode multijoueurs

Il s’agit probablement du mode multijoueurs le plus abouti de l’histoire, tous jeux vidéos confondus. Cela expliquerait pourquoi Modern Warfare III a réussi, en seize jours «d’exploitation», à dépasser le cap du milliard de recettes (il en avait fallu dix-sept au blockbuster jamescaméronien «Avatar» pour dépasser ce même cap).

Ludique, maniable, intuitif, addictif, «Call of Duty: Modern Warfare III» fait mieux que les neuf précédents épisode de la franchise lancée en 2003. Le modèle est classique (tuer des ennemis, pour gagner des points d’expérience en réussissant des défis, pour grader, pour décrocher des armes améliorées, pour tuer davantage d’ennemis, pour gagner davantage de points d’expérience en réussissant de nouveaux défis, pour grader davantage, pour obtenir des armes encore plus puissantes, etc. etc.) C’est une véritable machine qui s’emballe, embarquant n’importe quel joueur dans des parties quasi sans fin. La torpeur dans laquelle il plongera sabordera certainement sa vie professionnelle, amoureuse et familiale. Et il paiera environ 100 francs pour cela.

La nouveauté: le «Call of Duty Elite», nouveau tremplin visant à fédérer une véritable communauté de joueurs. Courts-métrages, tournois, revoir vos meilleures parties: la team du développeur Activision transforme progressivement ce qui n’était «qu’un» jeu vidéo en une véritable plateforme de contenus pour garder le joueur captif dans le jeu.

Très addictif (trop?), Call of Duty est sans conteste l’un des cartons de cette fin d’année.

Note: 4,5/5