Si la majorité de la population suisse est aujourd'hui reliée au câble, c'est à travers un grand nombre de petits opérateurs qui possèdent souvent chacun leur propre tête de réseau, c'est-à-dire les installations de réception des chaînes de télévision. Avec le développement de la télévision par satellite, l'équipement d'une tête de réseau s'est singulièrement compliqué. Aujourd'hui, on assiste donc à un regroupement des forces et à la mise en place de grosses têtes de réseau régionales qui desservent plusieurs sociétés. Ainsi, les équipements de Lausanne desservent aujourd'hui plusieurs réseaux à travers le canton de Vaud.

Avec le numérique, la situation devient encore plus complexe et les spécialistes estiment que la Suisse pourrait se contenter de deux têtes de réseau, une pour la Suisse alémanique et une pour la Suisse romande. Mais, une fois de plus, Lausanne et Genève ne parviennent pas à collaborer. Les deux villes se préparent aujourd'hui à construire leur propre station de tête. C'est le résultat du divorce de l'automne dernier entre 022 Télégenève et PayTV. «Pour nous, explique Michel Vieux, de Télégenève, il est stratégiquement important d'avoir notre propre tête de réseau. Et finalement ça ne coûte pas trop cher, environ 2,5 millions de francs. De toute façon, les équipements de Lausanne et de Genève seront interconnectés. En cas de panne d'un côté, l'autre station pourra prendre le relais.»

A Lausanne, Daniel Brélaz, le directeur des Services industriels (qui gèrent le téléréseau), ne comprend pas la décision genevoise. «Une seule station de tête suffit pour la Suisse romande et il est évident qu'elle devrait être plutôt à Lausanne qu'à Genève. De toute façon, nos équipements à nous seront interconnectés avec la station de Zurich. Cela suffira amplement.» La station de tête lausannoise sera gérée par une société commune de la ville, du groupe CVE-SRE et de Cablecom (le principal câblo-opérateur de Suisse avec un million d'abonnés, essentiellement en Suisse alémanique).

N. W.