C’est du grand art: un monde d’une richesse infinie, un plaisir pour les yeux, et un mode de jeu qui implique un nombre jusqu’ici rarement vu de nos zones cérébrales dédiées à l’intellect et à l’émotion. Mêlant action et jeu de rôles, « Mass Effect 2 » (dont le prédécesseur avait déjà conquis la foule des gamers) touche au sublime: sans entrer dans les détails d’un scénario d’une extrême touffeur, sachez que vous y incarnerez le légendaire commandant Shepard et que votre credo consiste à sauver la race humaine qui, en cette fin de XXIIe siècle, n’a plus assez de doigts pour compter ses ennemis issus de galaxies lointaines.

Pompier? Ainsi résumé à l’extrême, peut-être... Mais ce canevas vieux comme le monde n’est que la condition nécessaire à l’éclosion d’un foisonnement d’intrigues qui happe le joueur dans un réseau narratif immédiatement prenant: ici, chacune de vos décisions, voire jusqu’au ton que vous adopterez dans la conversation avec un alien doté de quatre yeux ou son voisin à la carnation bleue, seront hautement déterminantes. Mais surtout, les concepteurs du studio EA ont donné le meilleur d’eux-mêmes en créant un monde (ou plutôt: « des mondes ») d’un pointillisme extrême: de planète en planète, la géographie, les décors urbains, les caractéristiques des indigènes, leur technologie et leur culture sont rendus avec une précision toute encyclopédique et une grande liberté d’invention. Ajoutez à cela des combats tout à fait roboratifs, vous aurez tous les ingrédients d’un très grand jeu.

Note: 4,5 sur 5