Le numéro un du PC publiait cette nuit ses résultats trimestriels. Selon les dernières estimations des analystes, les pertes de Compaq se montent à environ 250 millions de dollars pour le deuxième trimestre de l'année. Des difficultés financières qui s'expliquent par le rachat de Digital par Compaq l'an dernier. La mégafusion a engendré d'importants problèmes structurels, notamment au niveau de la distribution et de l'organisation des secteurs de vente. Cette période de crise s'est achevée par le départ du directeur général de l'entreprise, Eckhard Pfeiffer, et d'une partie de son équipe en avril dernier.

La semaine passée, Michael Capellas, ancien cadre du géant logiciel Oracle, a été nommé à la tête de Compaq. Arrivé au sein de la firme de Houston en août 1998, il s'est rapidement imposé dans l'équipe dirigeante mise en place par le président du conseil d'administration Ben Rosen suite à l'éviction d'Eckhard Pfeiffer. Michael Capellas, 44 ans, aura pour mission principale de mener à bien la réorganisation du groupe en trois unités, la première tournée vers le marché des particuliers (avec un objectif de revenus estimé à 60 milliards de dollars), la deuxième vers les PC et les portables d'entreprise (120 milliards) et la troisième vers les services et les gros systèmes professionnels (550 milliards). Compaq doit par ailleurs développer massivement la vente directe par téléphone et sur Internet pour rivaliser avec l'autre fabricant texan, Dell, qui travaille sans intermédiaires et peut ainsi limer sur ses marges.

«Nous souhaitons qu'avec Michael Capellas à sa tête, Compaq réalise le même bond en avant au niveau mondial qu'en Suisse», sourit Jean-Jacques Suter, directeur de Compaq Suisse romande, qui présentait hier à Genève les résultats de la filiale helvétique. Lors du deuxième trimestre, le fabricant a réalisé un chiffre d'affaires de 348 millions de francs, soit une progression de 10% par rapport à l'an dernier. «Autant au niveau des services que des produits, nos objectifs de croissance ont été largement atteints», poursuit Jean-Jacques Suter. Le groupe s'attend cependant à un ralentissement de la croissance pour la deuxième partie de l'année, en raison notamment du passage à l'an 2000 qui engendre un recul des investissements, principalement pour les produits haut de gamme.

Un tiers des revenus de Compaq Suisse provient des services, un secteur hérité de Digital. «Nous restons avant tout un fabricant d'ordinateurs, explique le directeur. Notre objectif est d'équilibrer le taux de croissance entre les produits et les services, tout en conservant cette répartition des revenus.»

En termes d'unités, la plus forte croissance de Compaq a été réalisée dans le secteur grand public (+126%). En tenant compte des serveurs et des PC destinés aux entreprises, le fabricant a vendu plus de 60 000 ordinateurs au cours du dernier trimestre (+23%).

En Suisse, Compaq maintient sa position de leader, avec une part de marché de 32% pour les PC de bureau. Au niveau des serveurs basés sur les processeurs Intel et sur le système Windows NT de Microsoft, la domination de Compaq est la plus importante avec 54% du marché.

Hier, Compaq présentait par ailleurs à la presse trois nouveaux portables Armada ainsi qu'un mini-notebook (sorte de croisement entre agenda électronique et ordinateur) baptisé Aero 8000.