Hier soir, Temps Présent diffusait , actualité politique aidant, un reportage impressionnant tourné en Iran par la chaîne anglaise Channel Four. Ce film date de deux ans mais n'a sans doute rien perdu de son actualité puisqu'il nous installe cinquante minutes dans un huis clos, un lieu métaphorique pour la société iranienne comme pour l'humanité tout court: une salle de justice où défilent des couples en instance de divorce.

C'est là que résonnent les griefs hurlés par les épouses contre des maris absents, impuissants, violents. C'est là aussi que ces mêmes Iraniennes clament avec une grande liberté de propos leur révolte contre la loi qui peut les contraindre au mariage dès l'âge de 9 ans, contre celles qui les empêchent de demander le divorce et de récupérer leur dot, contre l'homme qui néglige devoirs et responsabilités.

Ce reportage a magnifiquement illustré l'archaïsme d'un système qui attribue au juge un rôle de père tout-puissant, l'impuissance du cercle familial traditionnel à résoudre les problèmes et l'opiniâtre vitalité des femmes qui se battent pour leur liberté. Les auteurs de ce film ont même déniché une petite fille étonnante qui se hisse un instant dans le fauteuil du juge pour résumer l'essentiel du propos en deux phrases calmes. Bref, un film engagé mais qui sait montrer sans démontrer.