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Dix ans après ses débuts, l’iTunes Store affronte une concurrence encore timide

Apple lançait son magasin le 28 avril 2003.Microsoft et les services de streaming sont ses principaux adversaires

C’était il y a dix ans pile, le 28 avril 2003. Ce jour-là, Steve Jobs dévoilait son iTunes Store: un magasin en ligne unique en son genre, donnant accès à 200 000 chansons aux Etats-Unis, sur Mac. Une semaine après, le directeur d’Apple annonçait que le cap du premier million de titres vendus avait été franchi. Dix ans plus tard, le succès est toujours au rendez-vous: en février dernier, la barrière des 25 milliards de chansons distribuées était dépassée. Aujour­d’hui, l’iTunes Store propose 35 millions de chansons, sans parler des vidéos, podcasts, films, cours pour étudiants et bien sûr applications.

Malgré l’émergence de concurrents, Apple demeure un solide numéro un mondial dans la vente de musique via Internet. Selon le cabinet de recherche NPD, il accaparait 69% du marché américain en 2010, pour redescendre légèrement à 63% en 2013. Un chiffre impressionnant, sachant que le marché américain est le plus concurrentiel et que très peu d’acteurs, hormis Microsoft et quelques autres, mineurs, sont présents à l’international.

Intéressons-nous maintenant à la Suisse. Apple a commencé à y diffuser de la musique en 2005. A l’époque, une chanson était vendue en moyenne 1,50 franc l’unité, un album complet 15 francs. En 2007, Apple supprime progressivement les DRM, ces systèmes de protection anticopie qui empêchaient jusque-là d’écouter sa musique achetée sur un baladeur autre que l’iPod – dont la première génération datait de 2001. En avril 2010, Apple augmente ses tarifs en Suisse, car il doit, dès janvier de cette année-là, y payer la TVA. Les chansons qui coûtaient 1,50 franc sont alors facturées 1,60, celles à 2 francs coûtent 2,20 francs. Les prix n’ont pas évolué depuis. Les nouveautés achetées par morceau sont plus chères, alors que le prix moyen des albums est de 16 francs.

En Suisse, la situation d’Apple peut être qualifiée de paradisiaque. Non seulement parce qu’environ 60% des smartphones vendus sont des iPhone, à partir desquels l’achat direct de musique est aisé. Mais aussi parce que ni Amazon ni Google n’offrent leurs services d’achat de musique en Suisse. Si le premier ne vend des titres qu’aux Etats-Unis, le second s’ouvre progressivement à l’international, et pourrait commercialiser de la musique dans les prochains mois via son magasin Google Play. En attendant, voici les principales offres concurrentes de l’iTunes Store.

CeDe.ch

L’entreprise basée à Winterthour ne vend pas que des CD par correspondance, elle propose aussi des morceaux en téléchargement. Compter 1,90 franc par titre, qu’il soit récent ou ancien, et en général 15,90 francs par album. Ce dernier prix varie entre 13,90 et 17,90, indépendamment de la date de sortie de l’album. Le site web est un peu vieillot mais le service de téléchargement efficace.

ExLibris.ch

Un service très proche de CeDe.ch, avec un site dépouillé. Les chansons sont téléchargeables entre 1,60 et 1,90 francs l’unité, les albums complets sont, eux, facturés pour leur grande majorité à 16,90 francs.

Le streaming

C’est la grande tendance depuis plus d’un an: ne pas acheter de la musique mais payer un abonnement mensuel pour l’écouter en diffusion continue, que ce soit sur son ordinateur ou son smartphone. Spotify est le leader de ce marché, et propose des millions de titres gratuitement sur son ordinateur (mais avec des publicités). Pour les enlever, il faut payer 6,45 francs par mois. Et pour écouter tous ces titres sur son smartphone – et même les conserver, hors connexion, le temps de l’abonnement –, il en coûte 12,95 francs.

Deezer offre un service en tout point comparable. Avec les mêmes tarifs mensuels, au centime près… Idem pour Simfy. Pour ces trois services, il est possible de résilier de mois en mois son abonnement.

A noter que, selon les rumeurs, Apple pourrait bientôt se lancer lui aussi dans le streaming. Mais ce ne sont que des rumeurs, circulant depuis des mois.

Microsoft

Nous allons classer Microsoft dans une catégorie à part, car il offre tant de la musique en streaming que des films. Pour le premier service, Xbox Music, des millions de titres sont proposés, sans publicité, pour le tarif déjà vu de 12,95 francs par mois, ou 129,50 par année. Ces titres sont disponibles via son PC, sa tablette, son smartphone Windows ou sa console de jeux. En parallèle, Microsoft propose quelque 1500 films à louer et à acheter, là aussi sur plusieurs supports. Compter entre 3,50 et 6 francs pour les films en définition standard, et entre 4,50 et 7,50 en haute définition. A l’achat, les films coûtent entre 15 et 25 francs. Et cela fonctionne aussi via la console de jeux reliée à son téléviseur.

La vidéo

Puisque l’on parle de la vidéo, mentionnons aussi le catalogue très complet de Hollystar, avec des films à louer pour son téléviseur, son ordinateur ou sa tablette. SwissTV se concentre de son côté sur la location de films pour téléviseur. En parallèle, Swisscom et UPC Cablecom proposent aussi des films avec leur service plus global de télévision.

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