Le soleil brille. Il fait chaud en Italie. Une péninsule en vacances – les Italiens sont plutôt «aoûtiens» – qui ne sourit guère sur ses écrans. Sinistres, hier soir, les deux téléjournaux des principales chaînes italiennes – TG1 et TG2 – rappelaient que le soleil du «far niente» éclaire des tragédies.

Une bombe d'abord. Images d'archives d'une gare déchiquetée, celle de Bologne il y a vingt ans. L'attentat le plus sanglant jamais commis en Italie. 85 morts et le point de départ d'une terrible crise de confiance. Les mots de Giuliano Amato qui dit, face aux caméras, l'humiliation d'un président du Conseil forcé d'admettre les «connivences, les erreurs, les mensonges, les appuis» dont les terroristes ont bénéficié au sein de l'Etat italien. Si les exécutants ont été démasqués, leurs inspirateurs politiques restent impunis, souligne le TG2.

Et puis encore, les morts des autoroutes et cette mer si belle du sud, où voguent des bateaux chargés de clandestins paumés. Grands drames donc, mais aussi petits, dont on se nourrit avidement sur les plages, s'amuse le TG2. Les Italiens sont si friands de commérages qu'ils font doubler en été les tirages des magazines à scandales. Ce qui marche le mieux? «Les trahisons et les adultères» bien sûr, avoue une rédactrice de «Novella 2000».