«Elite a mordu la poussière.» Maître Jean-Marc Fedida avait la formule assassine hier en commentant le jugement rendu par le Tribunal de Paris en faveur de son client Omar Harfouch. L'homme d'affaires est sorti vainqueur du procès en diffamation que lui avait intenté l'agence de mannequins Elite pour des propos publiés en septembre 2001 par le magazine Capital, propriété du groupe Prisma Presse. Capital et son journaliste Olivier Drouin, rédacteur de l'article en question, ont été également relaxés. Le tribunal a notamment jugé qu'il était légitime d'informer le public sur les pratiques d'une agence dont l'activité l'amène à employer des mineurs.

L'article attribuait à Elite, selon le résumé des avocats de l'agence lors de l'audience du 21 juin devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, des faits de «menaces de mort, activités criminelles, harcèlement sexuel et réseau de prostitution». Des faits évidemment contestés par les défenseurs d'Elite. Lors de cette audience, s'il avait demandé «l'appréciation bienveillante de la bonne foi» d'Omar Harfouch, le substitut du procureur avait émis des doutes sur le sérieux de l'enquête journalistique, soulignant l'utilisation d'«informations de deuxième main» et l'absence de contradictoire.

Suite civile

Jean-Marc Fedida a fait connaître son intention de porter l'affaire devant une juridiction civile. Lors des poursuites à l'encontre de son client, Elite chiffrait les dommages subis à 4 millions de francs français (900 000 francs suisses). «Il n'y a pas de raison que nous demandions moins», a conclu Maître Fedida. Les avocats d'Elite n'ont pas retourné les appels téléphoniques du Temps.