«J'ai déménagé en août 2000, de Vevey à Genève, sans télévision. Et j'estimais – à tort, je sais – que la petite radio de poche que je trimbalais de la cuisine à la salle de bain risquait peu de déclencher les foudres de Billag. Je ne me suis donc pas annoncée. Quelques mois plus tard, j'ai acheté une télévision toute neuve et vaguement songé à la nécessité de déclarer cette nouvelle acquisition après avoir conclu un abonnement au câble local. Mais par pure négligence, j'ai complètement oublié toute l'affaire. Un an et demi plus tard, un matin où, malade, j'étais par hasard chez moi, on sonne à la porte. L'homme s'annonce: «Je représente Billag AG.» Je n'ai pas réalisé immédiatement l'ampleur du désastre. «Avez-vous un poste de télévision?» «Euhhh oui!»: Trop tard pour nier. Je décide de jouer franc jeu et je fais visiter mon salon où trône l'objet du délit. Je plaide la négligence pure mais ne parviens pas à éviter une amende rétroactive salée. Le recouvreur de dettes, par ailleurs fort civil, lui est très content: «C'est rare, vous savez, qu'on trouve du premier coup les gens à leur domicile! Il y a un Monsieur qui joue au chat et à la souris avec moi depuis des mois.»