Un enfant marche sur la coulée de boue qui, lundi dernier en Ouganda, a enseveli sans doute plus de 300 personnes. Trois villages du district de Bududa, une région montagneuse, ont été détruits par la boue à la suite de pluies torrentielles. Près de 90 corps ont été retrouvés mardi. Depuis, plus rien. Comme les pluies continuent de s’abattre sur cette région frontalière du Kenya, des milliers de personnes devront être déplacées.

La plupart des disparus sont des enfants des écoles avoisinantes qui, pour se protéger des fortes pluies, avaient trouvé refuge dans un centre de santé. On ne sait si ce petit garçon est à la recherche d’un camarade, d’un frère, d’une soeur ou d’autres membres de sa famille. Ce qui est certain, en revanche, est que son expression est si grave, si triste qu’elle en est presque insupportable. Dans ce type de photographie d’actualité tragique, les enfants donnent toujours la mesure de l’horreur. Ils sont les plus sincères, les plus vulnérables, les plus justes: ils ne jouent ni ne cachent rien. Avec eux, c’est la vérité d’une situation qui apparaît au grand jour. Dans toute sa brutalité.