Enfants

> Enfants é New York, New York…

Première publication en France d’un ouvrage datant de 1949, clin d’œil au «Little Nemo» de 1911, redécouverte d’une ancienne technique d’animation: la mégapole se déclinerait-elle en mode rétro?

Genre: enfants
Qui ? Isobel Harris
Titre: Le Petit Brown
Trad. de Françoise Morvan
Chez qui ? Illustr. d’André François

Chez qui ? MeMo, dès 6 ans

Soixante-deux ans après sa parution aux Etats-Unis, c’est un pur bijou que les éditions MeMo nous offrent en cette fin d’année avec Le Petit Brown.

Ce que raconte le livre, sous la plume de Françoise Morvan qui a su traduire le récit d’Isobel Harris dans un français délicieux, offrant expressions et points de vue enfantins avec une légèreté d’équilibriste, c’est une journée de découvertes et de bonheur parfait.

Le petit Brown est souvent livré à lui-même, et à d’autres que ses parents, dans cette ville «très pratique»: un ascenseur descend au bas de son immeuble, puis un tunnel mène au métro, qui conduit tout droit à un autre immeuble, c’est formidable, nul besoin de sortir. Mais justement, ce jour-là, Hilda, la femme de chambre, va emmener l’enfant avec elle et il va découvrir la campagne, la neige qui reste blanche, le froid puis le chaud, le bonheur d’une table animée et même… l’usage des escaliers!

C’est André François, génial graphiste et dessinateur décédé en 2005, qui met son crayon plein de verve et de malice au service de cette «journée particulière»: dans un camaïeu de bruns, il décline les scènes, entre verticalité et horizontalité, entre intérieur et extérieur, entre cocasserie et tendresse. Un livre précieux et, à tous les points de vue, d’une rare élégance.

Genre: eNFANTS
Qui ? Michaël Leblond et Frédérique Bertrand
Titre: New York en pyjamarama
Chez qui ? Rouergue. Dès 4 ans.

Mais comment donc un simple calque de plastique rayé peut-il donner vie à des images? La technique est ancienne, elle s’appelle l’ombro-cinéma, et l’effet obtenu est magique.

Un enfant doit aller se coucher, il enfile son pyjama rayé et… tout bascule! Le voici à New York, dans le crépitement des lumières, la folie des autoroutes, le bruissement des feuilles des arbres de Central Park.

Les doubles pages se lisent verticalement, en haut les visites se succèdent en quelques phrases et beaucoup de points d’exclamation, et en bas l’enfant vit lui aussi la fascination de la découverte: en faisant lentement coulisser le calque rayé, ce qui ressemblait à des codes-barres devient une vue aérienne sur des croisements de routes, plus loin des clients se pressent sur les escalators d’un centre commercial, des piétons déambulent sur Broadway.

Avec New York la trépidante, Michaël Leblond et Frédérique Bertrand ont trouvé l’alibi idéal pour inaugurer un graphisme et une technique aussi surprenants que convaincants.

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