«On ne doit pas utiliser ce terme [«paquet» d'accords bilatéraux], mais utilisons-le quand même»; «Je tiens à respecter la discipline de langage» du Conseil fédéral sur le vote européen du 4 mars… Les propos de Pascal Couchepin, samedi sur RSR La Première, tenaient davantage de l'acrobatie langagière que de la confession politique. Pas contre l'Europe, mais opposé à «Oui à l'Europe»; pas d'accord de parler d'une seconde volée de négociations en tant que telle, mais c'est bien de cela qu'il s'agit; pas de reculade sur le test systématique de l'ESB dans la crise de la vache folle, mais finalement, pas totalement réticent au test: en moins de 30 minutes, le ministre de l'Economie, pressé comme de juste par ses interlocuteurs, a réussi à nouer un impressionnant chapelet de contradictions qui n'en sont pas et autres contorsions sur le mode: je pense le contraire de ce que je dis, je le dis quand même ainsi, mais attention, cela veut dire autre chose… L'exercice radiophonique, dans ce registre, est impitoyable: c'est de la parole brute, et quand le discours se révèle aussi alambiqué, le média ne pardonne pas.