Une grande émission matinale s'en est allée. Vendredi 2 avril, Pierre Bouteiller a tiré le rideau sur son émission Quoi qu'il en soit, de 9 à 10 heures sur France Inter. Avec son impertinence rieuse, son ton de dandy londonien égaré dans la maison ronde de Radio-France et sa connaissance sans pli du «milieu» artistique, le journaliste avait mis sur orbite l'une des émissions les plus stimulantes du matin. Sans compter ces petits ajouts typiquement radiophoniques qui l'ont hissée au rang d'icône sonore, tel ce «Bonjour» répété chaque matin avec, rigoureusement, la même intonation et la même mélodie, ainsi que cet édito quotidien ou l'actualité politique, les tendances culturelles et quelques idées tombées du lit se téléscopaient joyeusement.

Il n'y a pourtant pas lieu de déprimer. Pour l'auditeur, la case 9-10 de France Inter devrait rester l'un des grands rendez-vous matinaux. La chaîne a en effet eu l'heureuse idée de rappeler Gérard Lefort, le critique cinéma de Libération. Evincé comme un malpropre alors que sa rigolade du samedi matin, Passé les bornes, y'a plus de limites, brillait par son insolence et sa bonne humeur, le bonhomme amorce son retour dans un registre plus intimiste, avec un invité en tête-à-tête durant une heure. La «causerie» précieuse instaurée par Pierre Bouteiller devrait donc perdurer.