Les radios françaises ont de la chance. Lors de chaque dimanche électoral, les horaires des bureaux de vote et les méthodes des instituts de sondages leur permettent d'offrir, à l'instar de leurs consœurs télévisuelles, des soirées thématiques riches en suspense. Autre chose que les dimanches helvétiques où tout est en ordre dès 16 heures au plus tard. France Inter et France Info s'en sont donc donné à cœur joie le soir du deuxième tour des municipales, abreuvant leur auditoire jusqu'à plus soif de pronostics tirés en rafale et d'analyses gribouillées sur un coin de table – ceci, soit dit en passant, sur la base de sondages à la sortie des urnes, soit une méthode proche de celle des médias américains lors de «leur» présidentielle du 7 novembre 2000, qui avait tant fait ricaner de ce côté-ci de l'Atlantique. Mais la mise en scène s'est révélée efficace, devant beaucoup au rôle central de Paris, dont les résultats ont évidemment tardé à tomber. Et entre deux projections – de scrutins, donc –, France Info liquidait en moins d'une minute le film de l'actualité: un accident à Paris, quelques inondations en Saône-et-Loire, un ou deux mouvements de troupes en Macédoine, et hop!