«Nous sommes là ensemble, nous échangeons des mots, juste des mots sans conséquences qui seront vite oubliés par les auditeurs»: en substance, telle était la malicieuse introduction de l'animateur d'Ami-Amis sur RSR La Première, Daniel Fazan, qui recevait dimanche soir le critique Jérôme Meizoz pour son premier roman.

Etonnant élan d'humilité répété quelques minutes plus tard, lorsque l'auteur de Morts ou vifs avoue son «respect» pour cette activité curieuse qui consiste à travailler une journée sur l'écriture d'un article «vite lu et oublié». «La radio est encore plus éphémère», ajoute l'animateur coriace. Cet entêtement obéit à une logique claire: mettre l'interlocuteur, et sa compagne également présente, dans une situation optimale pour les confidences. C'est bien le paradoxe: on est «à l'antenne, c'est un cadre officiel», remarque Jérôme Meizoz face à un hôte qui s'escrime à minimiser la lourdeur du dispositif pour conforter ses invités – quitte à renier la puissance du média pour parler de «choses vraies», c'est-à-dire intimes, au-delà du flux de paroles ordinaires. En parler à l'antenne, bien sûr.