‘‘ J’ai rencontré Ai Weiwei en 1997. Je suis devenu son principal galeriste, et son ami. Je lui ai parlé au téléphone dix heures avant son arrestation, il semblait tendu. Deux jours plus tôt, la police était venue faire une perquisition dans son studio. Il ne pouvait pas en parler en ligne, car il est constamment sous surveillance. Ai Weiwei n’est pas seulement un grand artiste international, il est aussi un fervent détracteur. Son arrestation a à voir avant tout avec ses prises de position répétées contre le gouvernement. Il fallait s’y attendre, Ai Weiwei s’est toujours exprimé ouvertement, la possibilité qu’il se fasse arrêter existait depuis longtemps. Il faisait part lui-même de sa crainte que cela arrive un jour. La Suisse pourrait certes prendre position par rapport à cette arrestation, mais il ne faudrait surtout pas réagir comme l’Allemagne, par des critiques trop rapides et trop violentes. Une attaque frontale envers le régime chinois ne permettra pas de faire bouger les choses, bien au contraire. Demander, comme la Grande-Bretagne, une explication et une justification de cette arrestation, me semble être la bonne chose à faire. Tout cela est plus complexe qu’on ne le croit et se produit pour des raisons propres à la Chine. Depuis mardi, des personnes de Suisse et du monde entier s’activent pour tenter de trouver un avocat qui pourrait se charger de lui. La galerie, quant à elle, n’entreprendra aucune action politique en son nom, elle ne s’occupe que d’art. ,,