L'attente a été longue. La vingtaine d'élèves de 2e scientifique du Gymnase de Bugnon commençaient à se demander si Flavio Cotti ne les avait pas oubliés. Mini-gag: le câble était débranché. Quatre questions avaient déjà été envoyées au président. La première réponse apparut enfin dans un brouhaha d'admiration. Par la suite, le processus s'est déroulé normalement, sans longue attente. Sauf une qui ne sera pas vraiment satisfaite: celle des élèves pour qui les interventions de Flavio Cotti se sont avérées décevantes. Bien sûr, elles manquaient de chaleur puisqu'on ne voyait pas, dans la salle d'ordinateurs, le visage du président. Mais cela, les jeunes de 16 à 18 ans le savaient. Ce qui a davantage surpris était la concision des réponses, pour ne pas dire leur insignifiance parfois. Ainsi, Sébastien qui désirait savoir si Flavio Cotti se sentait utile a eu droit à cette information expéditive: «Je me sens très utile mais pas indispensable.» «En fait, ma question contenait plein de sous-entendus, explique Sébastien, décontenancé. J'espérais notamment connaître son sentiment sur l'importance du politique par rapport au pouvoir économique.»

Taciana, elle, est plutôt satisfaite. Il faut dire que sa question – quel est votre salaire annuel? – n'appelait pas un développement proustien. Elle a quand même eu droit à une réponse habile: «Demandez à ma femme. En tous les cas, je gagne plus de 300 000 francs.» Pas énorme, conclut l'étudiante.

Après une heure de «chat» Internet, les gymnasiens n'auront pas décroché d'informations qu'envieraient les journalistes. Ils le regrettent un peu. Même s'ils reconnaissent que l'expérience démontre une ouverture d'esprit symboliquement importante du Conseil fédéral.