Le héros sportif du dernier été du millénaire, ce n'est pas Lance Armstrong (avec ou sans corticoïdes), ni Virenque et ses petits pois, ni Pete Sempras à Wimbledon, ni Agassi (vraies ou fausses, les larmes?) à Roland-Garros, ni l'inconnue qui a flanqué une fessée à cette chipie de Martina Hingis, ni Pantani le pirate, ni le vainqueur de je ne sais plus quel rallye automobile, ni Maurice Greene et ses 9''779 sur 100 mètres à Athènes.

Non, celui qui aura marqué la saison, frappé les esprits, étonné les foules, c'est Eric Cantona, le footballeur. On l'a tous vu sur France 2, dans son épique match de water-polo, puissant, râblé, interrompant le jeu et surgissant de l'onde verte pour aller se rafraîchir au contact d'une boîte de «ice tea». Puis, galvanisé, s'en retourner à la partie en marchant sur les flots, tel un Jésus à Tibériade, sous l'œil médusé de ses coéquipiers… Soudain, dans l'ennui profond des interminables pauses pub, le téléspectateur se prend à rire. Il salue le clin d'œil, il savoure l'humour du message, il se dit qu'on ne le prend pas pour un débile mental, ni – ce qui revient presque au même – pour une ménagère de moins de 50 ans.

Une pub qui fait preuve d'une telle invention, quel régal! On en redemanderait. Mieux, on irait facilement jusqu'à commander un thé glacé sur les terrasses de ce bel été. Un Lipton, bien entendu!