L'ordinateur de demain sera sécurisé et pour garantir que les messages qu'il reçoit et émet ne peuvent pas être interceptés et sont exempts de virus, les grands constructeurs travaillent actuellement à la définition de standards qui permettront de passer en toute sécurité d'un ordinateur à un autre. Le constructeur américain Hewlett-Packard a présenté la semaine dernière dans ses laboratoires de Bristol, en Grande-Bretagne, les grandes orientations de la recherche en matière de sécurité des ordinateurs. Les pirates informatiques, qui seraient maintenant, selon IBM, plus de 100 000 dans le monde, disposent aujourd'hui, grâce notamment à la diffusion sur Internet de logiciels de piratage très efficaces, des moyens de pénétrer dans la grande majorité des ordinateurs.

Les chercheurs de Hewlett-Packard se disent convaincus que la carte à puce sera à l'avenir le meilleur moyen de sécuriser les ordinateurs. «Il suffira à n'importe quel utilisateur arrivant devant n'importe quel ordinateur d'introduire sa carte et son code personnel dans les lecteurs de carte dont toutes les machines seront bientôt équipées: les instructions contenues dans la carte réaliseront un diagnostic de l'ordinateur, et ouvriront une nouvelle session correspondant aux besoins de cet utilisateur», explique Rob Wait, un directeur du centre de recherche.

Un autre chercheur de Hewlett-Packard, Regis Duret, souligne que «le temps des entreprises forteresses, avec leurs firewalls protégeant les réseaux internes, mais aussi limitant terriblement les échanges avec l'extérieur, est bientôt terminé». Il estime que «le marché privilégiera les solutions les plus économiques, et donc rejettera les solutions propriétaires, développées par un seul constructeur», et indique que «des discussions sont en cours avec les autres grands du secteur pour l'établissement de standards communs à toute l'industrie».

Hewlett-Packard travaille également dans ses trois centres de recherche à améliorer la facilité d'usage de l'informatique. Le groupe américain mettra ainsi le mois prochain sur le marché en Europe des scanners à main, baptisés «CapShare», permettant de «capturer» un texte en promenant une espèce de petit fer à repasser au-dessus d'un journal, et de le faire apparaître, sans fil, directement dans une imprimante, ou dans un ordinateur.

Jean-Paul Cadoret/AFP