On les imagine les yeux rivés nuit et jour sur l’écran de leur ordinateur, à contempler d’un air satisfait les progressions des téléchargements de chansons et de films. Et, pourtant, les adeptes de l’acquisition illégale de contenus numériques ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

La semaine passée, le site spécialisé TorrentFreak publiait un document interne issu de la RIAA, l’organisme de défense de l’industrie du disque aux Etats-Unis. Selon cette étude qui n’aurait – semble-t-il – pas dû être diffusée, en 2011, 65% des chansons ont été acquises illégalement aux Etats-Unis. Mais seulement 15% via l’échange de fichiers par Internet, les 50 autres pour-cent étant effectués hors ligne, via des échanges de CD ou de disques durs externes.

Est-ce l’effet des poursuites engagées contre les pirates en ligne ou la RIAA a-t-elle toujours sous-estimé le transfert de fichiers hors ligne? Toujours est-il que ces résultats, qui ne prennent certes pas en compte les services payants de streaming, ne sont pas une bonne nouvelle pour l’industrie musicale. D’autant qu’en parallèle, The Pirate Bay, le principal fournisseur de liens pour BitTorrent, ne cesse de se réinventer pour échapper aux tentatives de fermeture. Et que, depuis la Nouvelle-Zélande, Kim Schmitz, l’homme derrière Megaupload, continue à agiter le spectre d’un lancement rapide de MegaBox, un service global et surtout gratuit de télé­char­ge­ment de musique financé par de la publicité.